De la recherche à l'action en éducation et promotion de la santé

Une publication bimestrielle de l'IREPS Bretagne
N°4 /septembre 2010

L’accès au savoir scientifique nous ressource, renforce nos connaissances, conforte nos savoir-faire, et nous aide à innover.

Acteur de l’éducation pour la santé et de la promotion de la santé
Que vous soyez spécialiste de ce champ, acteur relais ou décideur,

L’IREPS, soutenu par l'ARS, met à votre disposition des résultats de recherches évaluatives ou recherches-actions, de rapports de consensus ou d’expertises collectives, d’actes de conférences,… assortis de leur traduction en pistes pour l’action en santé publique et susceptibles de répondre à vos besoins.

Pour chaque référence faisant l’objet d’un article, une même trame est proposée :

1/ présentation du document d’où sont issues les données : son contexte d’élaboration, sa référence complète et son accès par voie électronique ;
2/ une sélection de connaissances issues du document en question ;
3/ en parallèle, des pistes d’application de ces connaissances dans les pratiques.

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Sommaire

 

Améliorer la qualité de son action en s’appuyant sur le guide élaboré avec le soutien de l’INPES

Mettre en place des stratégies efficaces d’empowerment

Promouvoir la santé mentale des jeunes en questionnement sur leur identité ou orientation sexuelles

 
 

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Améliorer la qualité de son action en s'appuyant sur le guide élaboré avec le soutien de l'INPES

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Le document

L’INPES a construit, en partenariat avec 9 associations identifiées à partir d’un appel public à candidatures, un « guide d’autoévaluation construit par et pour des associations » afin d’améliorer la qualité de leurs actions en promotion de la santé. Un article publié dans le numéro de mai-juin 2010 de La Santé de l’homme en propose une présentation en cinq questions-réponses… L’occasion de (re)prendre connaissance de cet outil d’aide à la conduite d’une "démarche qualité" dans le champ de la promotion de la santé. Elle peut concerner toute action individuelle ou collective auprès de différents publics, toute fonction support (formation, conseil méthodologique, appui documentaire) ou toute mission relative à l’expression et la représentation de populations concernées.

Promotion de la santé : un guide pour améliorer la qualité des actions. Emmanuelle Hamel, Gaëlle Calvez, Linda Cambon, Jean-Marie Le Gall. La Santé de l’homme n° 407, Mai-Juin 2010, pp. 37-38.
http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-homme-407.pdf

Comment améliorer la qualité de vos actions en promotion de la santé ? Guide d’autoévaluation construit par et pour des associations / Emmanuelle Calvez (coord.). Saint-Denis : INPES, 2009. 35 p.

Guide en version intégrale : http://www.inpes.sante.fr/guide
autoevaluationqualite/pdf/Guide-qualite-version-integrale.pdf
;

Version à compléter : http://www.inpes.sante.fr/guide-autoevaluation
qualite/pdf/Guidequalite-version-a-completer.pdf

 

Des connaissances…

vers la pratique …

La qualité en promotion de la santé est « l’ensemble des caractéristiques liées à une action qui permettent de proposer la meilleure réponse possible aux besoins de santé de la population ».

L’objet de la démarche qualité est d’améliorer en continu la qualité du service rendu aux publics concernés par les actions. Elle contribue également, par la mobilisation des salariés, des bénévoles et des administrateurs de l’association,

  • à un meilleur travail d’équipe ;
  • à la mise en évidence des compétences et à leur développement ;
  • au renforcement des capacités d’argumentation et de négociation auprès des partenaires, des publics et des institutions.

L’association examine régulièrement les points clés de son fonctionnement, de son organisation et de ses actions.

5 grilles thématiques d’autoévaluation composent le guide et aident l’association à se questionner

  • sur la cohérence entre les valeurs qui fondent son action et les principes de la promotion de la santé ;
  • sur la mise en œuvre de ces principes, notamment méthodologiques, dans ses interventions.

Pour répondre à chaque question, plusieurs critères sont définis, appréciables grâce à une échelle graduée : - - (le critère n’est pas du tout rempli) / - (le critère n’est pas suffisamment rempli) / + (le critère est rempli de façon satisfaisante) / + + (le critère est parfaitement rempli). Un aide mémoire permet d’argumenter l’appréciation au travers d’exemples précis et de lister les points forts ou les points à améliorer.

Ces derniers sont ensuite visualisés grâce à un bilan graphique et développés dans un rapport de synthèse. En regard, pour accompagner la définition des priorités d’amélioration de la qualité à mettre en œuvre, une trame est proposée sous forme de tableau afin de définir un projet de plans d’action.

Cas fictif, inspiré de plusieurs actions mises en place dans différentes structures

Un foyer d’hébergement organise des actions sur des thématiques de santé en direction des jeunes qu’il accueille. Souhaitant que la qualité des actions développées par l’association soit mieux reconnue par les institutions de tutelle, le conseil d’administration vote l’engagement de la structure dans une démarche qualité en promotion de la santé s’appuyant sur le guide d’autoévaluation publié et promu par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. Le CA confie à la direction la mobilisation de l’équipe salariée et le suivi du dossier, dont la mise en œuvre technique est déléguée à l’animateur en charge des activités collectives destinées à aborder les questions de santé avec les résidents.

Afin de se familiariser avec la démarche, l’équipe salariée sélectionne, en accord avec le CA, une action qui fera l’objet d’une première auto-évaluation. Il s’agit d’un atelier d’écriture mis en place pour certains jeunes en situation de mal-être, manifestant un repli sur soi ; l’atelier a pour objectif de rompre leur isolement social et de leur permettre de se réinscrire dans une dynamique. Le choix s’est ainsi porté sur une action que la structure souhaite reconduire pour l’intérêt qu’elle présente mais qui laisse entrevoir une marge de progression possible.

L’animateur en charge de la conduite technique de la démarche organise et planifie  les travaux avec les différentes instances de l’association.

Voici quelques-unes des données recueillies, des analyses réalisées et des actions d’amélioration de la qualité de l’action décidées durant ce processus.

 

Grille 1 : La dynamique associative garantit un cadre favorable pour le développement d’actions de qualité en promotion de la santé

Critère 1.1 : votre association est organisée pour que l’ensemble de ses acteurs engagés dans les actions de promotion de la santé adhèrent aux principes et valeurs de promotion de la santé

1.1.1 votre association donne à l’ensemble de ses acteurs (bénévoles, salariés, administrateurs) la possibilité de comprendre ses buts et de situer les actions qu’elle mène dans le champ de la promotion de la santé
Appréciation : +
1.1.2 votre association prévoit des temps de réflexion collective sur les principes de promotion de la santé
Appréciation : -
Appréciation générale du critère 1.1
Appréciation : -
Aide mémoire (exemples précis fondant l’appréciation)

Un document présentant les buts de l’association et les actions qu’elle mène est remis à tout nouvel arrivant dans la structure

Les activités concernant la santé sont obligatoirement abordées lors de la réunion d’équipe annuelle portant sur la planification des activités et lors de l’assemblée générale
Points forts
Les activités concernant la santé sont abordées dans les instances au même titre que toute autre activité
Points à améliorer

Régularité et fréquence des discussions sur les actions de santé au sein des instances

Connaissance des principes de la promotion de la santé partagée par les acteurs de l’association

Critère 1.3 : le partenariat est fondé sur la connaissance mutuelle des valeurs et actions de chaque acteur

1.3.1 votre association explicite aux partenaires, notamment institutionnels, les valeurs qui fondent son action et propose d’y faire référence dans les documents contractuels

Appréciation : +

1.3.2 votre association communique sur ses pratiques et ses actions pour informer les partenaires concernés par un même territoire, une même population ou une même thématique et mutualiser ainsi des expériences

Appréciation : -
Appréciation générale du critère 1.3
Appréciation : -
Aide mémoire  (exemples précis fondant l’appréciation)

Les documents transmis par l’association mentionnent systématiquement les valeurs qui fondent son action : plaquette, bilans, demandes de subvention

L’animateur participe ponctuellement à des réunions institutionnelles ou des journées locales organisées sur le territoire en matière de promotion de la santé en fonction de ses priorités et disponibilités : 1 journée départementale « santé mentale » (présentation de son action) et un colloque régional sur la prévention du suicide en 2009
Points forts
Participation de l’animateur et partage d’expérience auprès des partenaires
Points à améliorer
Stratégie de communication auprès des partenaires
Critère 1.4 : le fonctionnement de l’association permet la mobilisation des compétences et des ressources nécessaires pour les actions de promotion de la santé
1.4.1 l’association définit des modalités de recrutement des salariés et de sollicitation de bénévoles en fonction de ses axes stratégiques et de ses actions, et structure une politique de formation globale pour renforcer les compétences
Appréciation : -
1.4.2 votre association organise une actualisation des données scientifiques et pratiques pour argumenter et mettre en place ses actions
Appréciation : -
1.4.3 l’association est en capacité d’estimer, de budgétiser, de solliciter et de rendre compte des moyens financiers nécessaires à la réalisation de l’action
Appréciation : ++
Appréciation générale du critère 1.4
Appréciation : -
Aide mémoire  (exemples précis fondant l’appréciation)

Actualisation des connaissances et des pratiques de l’animateur par la formation, la participation à des journées d’échange

Suivi budgétaire de l’action réalisé par le service comptable
Points forts

Soutien de l’animateur pour l’accès à des formations, des journées d’échanges

Soutien de l’animateur pour la sollicitation de subventions, pour le suivi financier de l’action (service comptable)
Points à améliorer
Mobilisation et gestion des ressources et compétences au regard des actions nécessaires
Grille 2 : Votre action s’inscrit dans une logique de promotion de la santé et d’appuie sur les principes et les valeurs spécifiques à cette approche
Critère 2.1 : l’action favorise une approche globale et positive de la santé
2.1.1 le projet reconnaît l’existence de multiples déterminants de santé
Appréciation : +
2.1.2 l’action s’articule avec des niveaux complémentaires d’intervention, tenant compte de ces déterminants
Appréciation : ++
2.1.3 l’action privilégie une approche positive de la santé incluant notamment les facteurs protecteurs et n’est pas exclusivement fondée sur le risque ou la maladie
Appréciation : ++
Appréciation générale du critère 2.1
Appréciation : ++
Aide mémoire  (exemples précis fondant l’appréciation)

Les déterminants du mal-être des jeunes sont explicitement mentionnés dans le dossier de demande de subvention déposé auprès de l’ARS : isolement social, chômage, dévalorisation. En regard, les objectifs de l’action répondent à plusieurs de ces déterminants : rompre l’isolement social, renforcer l’estime de soi.

L’action prévoit un atelier collectif venant compléter :

- une approche plus individuelle du mal-être prise en charge par les autres animateurs

- un travail plus global sur la qualité de vie au sein du foyer associant les résidents dans leur ensemble et les instances décisionnaires de l’association
Points forts
Approche globale et positive de la santé
Points à améliorer
Visibilité de l’approche
Critère 2.2 : l’action est orientée vers la réduction des inégalités sociales de santé
2.2.1 les avantages et désavantages que l’action est susceptible d’apporter aux populations bénéficiaires sont estimés
Appréciation : ++
2.2.2 les choix des objectifs, des méthodes et des activités et leurs réajustements éventuels au cours de l’action intègrent la question des inégalités sociales de santé
Appréciation : ++
Appréciation générale du critère 2.2
Appréciation : +
Aide mémoire  (exemples précis fondant l’appréciation)

Pour éviter de désigner comme exclus les jeunes concernés et de les enfermer dans leur mal-être, l’atelier est également ouvert à des jeunes bien insérés socialement

Des accompagnements individuels sur certaines questions personnelles apparues lors des ateliers sont proposés
Points forts
Attention portée aux résidents les plus vulnérables
Points à améliorer

Intégration en cours d’action de jeunes repérés en difficulté

Connaissances approfondie des actions et pratiques favorables à la réduction des inégalités sociales de santé
Critère 2.3 : l’action privilégie le renforcement des ressources personnelles et sociales des populations
2.3.1 l’action est respectueuse des personnes et attentive à leurs croyances, comportements et habitudes. Elle exclut toute forme de jugement, de stigmatisation ou de culpabilisation
Appréciation : ++
2.3.2 l’action comprend des activités visant à renforcer la capacité/le pouvoir d’agir (empowerment) des individus et populations concernés en favorisant la prise de conscience, le développement des connaissances et des compétences psychosociales
Appréciation : ++

2.3.3 l’action comprend des activités qui s’appuient sur les ressources des personnes ou des populations et les valorisent

Appréciation : ++
Appréciation générale du critère 2.3
Appréciation : ++
Aide mémoire  (exemples précis fondant l’appréciation)

Les participants peuvent recourir à l’aide de quelqu’un d’autre (animateur ou autre participant) s’ils ne se sentent pas à l’aise pour écrire ce qu’ils veulent exprimer. Ils sont ensuite accompagnés dans la rédaction de leurs textes

L’accompagnement a pour objectif de renforcer la capacité des jeunes à comprendre et exprimer ce qu’ils vivent et leurs envies, à renforcer leur confiance en soi et leur estime de soi, à développer des relations amicales, à réaliser des démarches (emploi, santé, culture, loisir,…)

Les ressources (savoirs, expériences,…) des participants sont mises en avant, leur partage favorisé, la solidarité et l’entraide au-delà des temps d’atelier encouragés

Développements de l’action : la réalisation d’un document et sa publication par le groupe à partir des textes et dessins des participants permet aux participants de valoriser et développer des compétences : recherche de subvention, conception du contenu, élaboration technique, promotion et vente de la production,…
Points forts
Développement des compétences individuelles et collectives des participants
Points à améliorer
Soutien des participants dans leurs acquis après l’action pour conforter leur insertion sociale et/ou professionnelle

Critère 2.4 : l’action se fonde sur la participation des populations concernées

2.4.1 la construction méthodologique de l’action prévoit des modalités, des techniques et des outils permettant de recueillir l’avis des populations concernées ou de leurs représentants
Appréciation : +
2.4.2 la participation des populations concernées est favorisée à toutes les étapes de l’action et il est prévu d’apprécier le degré de cette participation tout au long de l’action…
Appréciation : +
Appréciation générale du critère 2.4
Appréciation : -
Aide mémoire  (exemples précis fondant l’appréciation)

Le projet d’action est présenté aux participants pour être précisé, voire adapté, dans ses objectifs, comme dans ses modalités en fonction des besoins et des attentes du groupe. Sont utilisées les connaissances en matière de dynamique de groupe et différentes techniques d’animation de groupe favorisant l’expression, le débat, les apprentissages et constructions collectives

Evaluation du processus et des résultats par l’animateur
Points forts
Production d’un document : développement de l’action à partir d’une demande des participants, implication des participants sur tous les aspects de l’action (choix, planification, gestion, mise en œuvre, valorisation)
Points à améliorer

Choix du programme d’actions prenant appui sur la mobilisation et l’avis préalables des résidents

Evaluation participative

Grille 3 : L’action est basée sur une analyse de situation globale, structurée et formalisée

Grille 4 : L’action est planifiée sur la base d’un ensemble cohérent d’objectifs définis, de méthodes argumentées et de ressources identifiées

Grille 5 : L’animation et la gestion de l’action s’appuient sur des méthodes, des compétences et des responsabilités déterminées qui permettent la réalisation effective et optimale de l’action

Le rapport de synthèse de l’autoévaluation de l’action permet de rassembler les principaux éléments issus de l’autoévaluation
Comment s’est déroulée cette autoévaluation ?
Qui a participé à cette démarche d’autoévaluation ? Conseil d’administration et équipe salariée
Quelles ont été les modalités d’organisation ?
  • Temps individuels : préparation et rédaction
  • 1/ pour les administrateurs de l’association
  • 2/ pour la direction
  • 3/ pour le coordinateur technique (animateur)
  • 4/ pour les autres employés
  • Temps collectifs sur les temps de réunions des instances de l’association : suivi et information sur l’avancée de la démarche
  • Bureau, conseil d’administration, assemblée générale
  • Réunion d’équipe
  • 4 réunions spécifiques : 2 réunions pour recueillir les données, 2 réunions pour présenter et discuter du rapport de synthèse et du projet de plan d’actions
  • 1/ pour le conseil d’administration
  • 2/ pour l’équipe salariée
Comment percevez-vous cette démarche ?

Consensus sur l’intérêt de mener la démarche : elle permet notamment d’interroger le rôle et la place des instances politiques de l’association quant aux activités relevant de la promotion de la santé. La démarche a également permis de soulever le même type de questions pour d’autres domaines d’activité de l’association

Débats au sein de l’équipe salariée sur le degré effectif et le niveau possible de participation des jeunes dans les actions de l’association
Points forts / points à améliorer
Quels sont les points forts de l’action que vous avez identifiés ?
  • Le traitement des activités concernant la santé sont traitées dans les instances au même titre que toute autre activité
  • La participation de l’animateur à des journées organisées localement permet aux partenaires d’être informés des actions et des expériences menées
  • L’association offre un cadre favorable aux actions en soutenant l’accès de l’animateur à des formations ou des journées d’échanges, au service administratif et comptable pour la sollicitation de subventions et le suivi financier de l’action
  • En cohérence avec les valeurs de l’association, la santé est abordée de façon globale et positive
  • L’action porte une attention plus soutenue aux résidents les plus vulnérables
  • L’action s’appuie sur des modalités et des techniques favorisant le développement des compétences individuelles et collectives des participants ainsi que le développement de l’action à partir des demandes des participants
  • L’action a permis l’implication des participants sur tous les aspects du projet (production d’un document) : choix des activités, planification, gestion, mise en œuvre, valorisation
Quels sont les points à améliorer ? Préciser les leviers et les freins
  • Régularité et fréquence des discussions sur les actions de santé au sein des instances
  • Connaissance des principes de la promotion de la santé partagée par les acteurs de l’association
  • Stratégie de communication auprès des partenaires
  • Mobilisation et gestion des ressources et compétences au regard des actions nécessaires
  • Visibilité de l’approche
  • Intégration en cours d’action de jeunes repérés en difficulté
  • Connaissances approfondie des actions et pratiques favorables à la réduction des inégalités sociales de santé
  • Soutien des participants dans leurs acquis après l’action pour conforter leur insertion sociale et/ou professionnelle
  • Choix du programme d’actions prenant appui sur la mobilisation et l’avis préalables des résidents
  • Evaluation participative

Les freins principaux à l’amélioration des points identifiés : la capacité de mobilisation peu extensible des administrateurs et les limites des ressources humaines et financières.

Leviers principaux : la prise de conscience de la nécessité de traiter les questions de santé pour répondre aux missions premières de l’association et les possibilités entrevues lors de la démarche qualité d’aborder ces questions transversalement.
Le projet de plan d’actions d’amélioration de la qualité permet de définir des priorités et d’envisager comment les mettre en œuvre.
 

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Mettre en place des stratégies efficaces d'empowerment

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Le document

L’Organisation Mondiale de la Santé a publié en 2006 un rapport sur les bases factuelles disponibles démontrant que l’autonomisation des personnes améliore leur santé. Un article de mars-avril 2010 de La Santé de l’homme revient sur cette démarche, son utilité prouvée dans les actions de santé publique, son efficacité dans la réduction des inégalités sociales de santé et les conditions de sa mise en œuvre : la formation des professionnels et des décideurs. Une version du rapport, traduite en français est mise à disposition sur le site de l’IREPS Bretagne.

La preuve est faite : l’empowerment et la participation, ça marche ! Christine Ferron. La Santé de l’homme n° 406, Mars-Avril 2010, pp. 4-7.
http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-homme-406.pdf

Dans quelle mesure, selon les bases factuelles disponibles, l’autonomisation améliore-t-elle la santé ? Publié en anglais par le bureau régional de l’OMS pour l’Europe en 2006 sous le titre “What is the evidence on effectiveness of empowerment to improve health ?” / Wallerstein N. WHO Regional Office for Europe, 2006.37p.
http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0010/74656/
E88086.pdf
.

Traduction française : © IREPS Bretagne 2009. http://www.irepsbretagne.fr/fichiers_attaches/EvidenceEmpowermen
t_OMS_IREPSBretagne1.pdf

 

Des connaissances…

vers la pratique …

  • L’empowerment est un « processus d’action sociale par lequel les individus, les communautés et les organisations acquièrent la maîtrise de leurs vies en changeant leur environnement social et politique pour accroître l’équité et améliorer la qualité de la vie »
  • L’analyse de plus de 250 publications internationales apporte la preuve de l’impact positif de l’empowerment sur la santé publique
  • Les destinataires prioritaires des démarches d’empowerment sont les populations présentant un risque particulier d’exclusion sociale et de perte de pouvoir sur leur santé

Le programme « Naître égaux – Grandir en santé » (1), expérimenté depuis le début des années 1990 et développé sur le territoire québécois, s’appuie explicitement sur la notion et les stratégies d’empowerment.

Le programme s’adresse prioritairement aux familles vivant dans une extrême pauvreté, se caractérisant « par l’absence d’avoir, de pouvoir et de savoir reconnu ». Ces familles vivent sous le seuil de pauvreté, leurs membres connaissent une sous-scolarisation souvent associée à une pauvreté persistante de génération en génération et souvent synonyme d’exclusion sociale.

Les facteurs d’inégalités de pouvoir identifiés par l’OMS sont les suivants :

  • Des « barrières formelles ou informelles entre les individus ou les communautés d’une part, et les institutions ou les gouvernements, d’autre part » empêchent les premiers de se sentir aptes ou légitimes à interpeller les seconds
  • Un pouvoir inégalitaire s’exerce sur les individus ou les communautés « au travers d’un contrôle direct ou indirect de leur accès à l’éducation, à l’emploi, à de bonnes conditions de vie ou au moyen de systèmes politico-économiques favorisant les intérêts de certaines catégories de personnes »
  • « Un contrôle idéologique (valeurs, attitudes, croyances) agit en profondeur pour exclure des individus et des communautés des réseaux d’influence sociale »
La situation des familles est difficile à plusieurs égards, leurs problèmes sont généralement nombreux, complexes et enchevêtrés. Dans un milieu défavorisé, plusieurs enfants naissent prématurément ou avec un poids insuffisant. La précarité des conditions de vie a un effet important sur l’ensemble du développement de l’enfant (physique, psychologique et social). Même si ces familles ont des besoins importants, elles ont moins recours aux services (peur d’être jugées, étiquetées, mauvaises expériences antérieures comme le placement d’enfants). Enfin, elles vivent souvent hors des lieux ou des circuits habituels de participation.

Pour agir sur ces différents facteurs, une démarche d’ « empowerment » consiste alors :

  • à mettre en évidence les sources d’inégalités de pouvoir et d’accès aux ressources et aux services
  • à révéler les mécanismes de contrôle social et d’injustice sociale, les barrières institutionnelles ou structurelles, les normes culturelles et les biais sociaux
  • à donner les moyens à ceux qui y sont confrontés d’agir sur ces mécanismes d’inégalités
  • à travailler avec leur environnement politique, institutionnel, économique pour qu’il les autorise à agir
  • à renforcer leurs atouts dans le contexte qui est le leur (culture, société, population)

Les leviers efficaces de l’empowerment recensés dans le rapport de l’OMS sont :

  • un pilotage du projet efficace, disposant d’une vision globale de la démarche et favorisant des processus participatifs de prise de décision
  • l’implication d’une multiplicité d’acteurs : des militants et des leaders d’opinion locaux, des acteurs de terrain, des décideurs politiques susceptibles de soutenir ou commanditer la mobilisation collective
  • la mise en œuvre d’interventions adaptées culturellement
  • l’évolution des professionnels d’un statut d’autorité vers un rôle de support ou de facilitation de la population
  • l’accès des populations aux informations relatives aux questions de santé publique et leur implication dans les processus de décision
  • une organisation locale de la population lui permettant de formuler des demandes auprès des institutions et structures décisionnaires et l’obligation pour ces dernières de rendre des comptes aux populations
  • le contrôle du financement du projet par la population elle-même

Les obstacles à l’empowerment recensés dans le rapport de l’OMS sont :

  • la faible valeur accordée à la participation et un pilotage défaillant
  • les situations de pouvoir rendant difficile l’action collective, par exemple pour les populations marginalisées
  • en termes institutionnels ou politiques : une stratification sociale rigide, l’expérience limitée de gouvernants en matière de participation ou de démarches ascendantes, le racisme, le manque de représentativité des participants, une gestion défaillante, le manque d’expertise en matière de mobilisation et d’organisation des ressources, le manque de connaissance des conditions favorisant la participation
  • en termes de positionnement des professionnels : les relations de pouvoir implicites et leur réticence à remettre en cause ces relations ; leur méconnaissance de l’empowerment ; les freins qu’ils mettent à la participation, en n’associant la population qu’au travers de quelques individus clés ou sous forme d’information, pour éviter de l’associer aux prises de décision ou de questionner les politiques et les fonctionnements institutionnels

Les effets de l’empowerment recensés dans le rapport de l’OMS sont :

  • au-delà du thème de santé abordé dans le projet, un accroissement de l’attention portée par les personnes aux questions de santé et l’adoption de comportements favorables à la santé
  • chez des patients, par exemple : une amélioration de l’efficacité des prises de décisions individuelles, de la gestion des complications de la maladie et l’adoption de comportements plus favorables à la santé ; une plus grande satisfaction des relations soignant-soigné ; un meilleur accès aux soins, une utilisation plus efficace et moins fréquente des services de santé, un niveau plus élevé d’éducation et un meilleur état de santé mentale

Les déterminants de la santé sont ainsi regroupés dans le programme :

  • Les déterminants reliés à la famille : condition physique des adultes et des enfants ; conditions de vie ; habitudes de vie ; ressources personnelles ; rapport au rôle de père ou de mère
  • Les déterminants reliés au réseau immédiat : densité et qualité du réseau de soutien
  • Les déterminants reliés aux ressources du milieu et aux services : qualité et accessibilité, attitudes des intervenants, qualité de l’environnement physique, coordination, concertation
  • Les déterminants reliés à l’environnement global : lois et politiques sociales ; valeurs et représentations sociales.

Trois stratégies (le renforcement individuel, le renforcement du milieu et la stratégie d’influence) définies dans le programme donnent lieu à trois axes d’intervention (2)  :

  • Le volet « suivi individuel » : il s’agit d’un suivi pré- et postnatal auprès de la famille, effectué par un seul intervenant privilégié pour développer un lien de confiance. Cet intervenant est soutenu par une équipe interdisciplinaire (infirmier, travailleur social, organisateur communautaire, diététicien, chef de programme, médecin) afin que leurs différentes disciplines renforcent l’analyse de la situation et inspire l’intervention.
  • Le volet « accompagnement communautaire » : il s’agit d’amener les familles à utiliser les services proposés sur leur territoire, de rencontrer d’autres familles pour sortir de leur isolement. L’offre d’une part, et l’accompagnement entre les services proposés aux familles d’autre part, ne peuvent se réaliser que dans un milieu bien organisé, où collaborent étroitement les intervenants de la santé, de la promotion de la santé, du secteur social, des organismes locaux qui dispensent différents services aux familles.
  • Le volet « intersectoriel » : il s’agit de mobiliser la gamme la plus large d’acteurs pouvant agir sur la qualité de vie des familles, sur tous les déterminants de la santé, au sein d’instances de concertation où ils mettront en place un plan d’actions
    • Répondant aux besoins des familles
    • Rejoignant les familles ciblées
    • Associant les familles au processus
    • Impliquant les divers organismes partenaires dans la réflexion et l’action
    • Permettant d’Influencer les valeurs sociales (action médiatique) et les décisions institutionnelles (action politique) pouvant agir sur l’origine de la pauvreté

 

Figure 1 : Les axes de développement de l'empowerment (4)
Le programme "Naître égaux – Grandir en santé » se décline au sein de chaque volet en différentes activités (1) :

Sur un plan pratique, le rapport de l’OMS recommande :

  • En termes d’évaluation : les preuves scientifiques de l’efficacité des stratégies d’empowerment sur la santé publique existent, le lien avec leurs résultats aux niveaux individuels, collectifs et institutionnels établi ; les évaluations d’impact de ce type de projets doivent donc porter sur ces derniers
  • En termes de niveaux d’intervention : la littérature scientifique démontre que les stratégies efficaces de tout projet de promotion de la santé, mêmes centré sur une population ou un milieu spécifique, comportent obligatoirement une dimension sociale et politique
  • En termes de compétences des acteurs concernés : l’efficacité des stratégies d’empowerment en santé publique nécessite la formation de tous les acteurs concernés pour leur permettre d’identifier et de prendre en compte dans les actions tous les déterminants des inégalités de santé et d’exclusion sociale : professionnels de la santé, de la prévention et du développement social aussi bien que décideurs politiques
  • En termes de recherche : les nombreuses recherches sur les stratégies d’empowerment sont fondées sur des protocoles quasi expérimentaux dans le cadre d’interventions restreintes avec des populations spécifiques. Soutenir les collaborations entre chercheurs et acteurs de terrain au travers d’appels d’offres de recherche est nécessaire pour développer des programmes d’empowerment larges, adaptés à leur contexte sociopolitique

Le programme s’est développé à partir de recherches actions, poursuivies lors de son extension à différents territoires du Québec.

Des évaluations d’implantation du programme ont été réalisées ; les dimensions sociales et politiques, parties intégrantes du programme, font donc l’objet de ces évaluations.

Un guide de formation des intervenants à l’animation d’une action intersectorielle avec les familles vivant dans l’extrême pauvreté est publié (3); des outils, des appuis sont mis à la disposition des acteurs pour développer le programme sur leurs territoires.

Autant de stratégies qui soutiennent les acteurs et guident la mise en place de l’analyse du milieu et des activités de promotion de la santé et d’empowerment.

(1) Naître égaux – Grandir en santé : un programme intégré de promotion de la santé et de prévention en périnatalité / Catherine Martin, Gineete Boyer. Montréal : Direction générale de la santé publique, Régies régionales de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre, 1995 (2ème édition en 2004). 213 p. http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/1995/95-807.pdf

(2) Naître égaux – Grandir en santé : Evaluation de l’implantation dans la MRC de Montmagny / Josée Rousseau. Sainte-Marie : Direction de santé publique, ADRLSSSS de Chaudière-Appalaches, 2005. 141 p. http://www.rrsss12.gouv.qc.ca/documents/RapportNaitreegauxevalimplMRCMontmagny.pdf

(3) Action intersectorielle avec les familles vivant dans l’extrême pauvreté. Guide de formation et d’animation / Esther Désilets. Montréal : Direction générale de la santé publique, Régies régionales de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre, 2000. 95 p.
http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/1999/99-263-4.pdf

(4) Dans quelle mesure, selon les bases factuelles disponibles, l’autonomisation améliore-t-elle la santé ? / OMS, 2006 (Traduction française : © IREPS Bretagne 2009), p. 24
http://www.irepsbretagne.fr/fichiers_attaches/EvidenceEmpowerment_OMS_IREPSBretagne1.pdf

 

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Promouvoir la santé mentale des jeunes en questionnement sur leur identité et orientation sexuelles

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Le document

Statisticiens, épidémiologistes et sociologues font état dans cet ouvrage des connaissances acquises sur le plan national et international concernant le risque suicidaire parmi les jeunes des minorités sexuelles ou qui se questionnent sur leur identité sexuelle ou de genre. Le risque plus élevé parmi ces populations a été mis en évidence dans les enquêtes ENVEFF 2000 (Enquête nationale sur la violence envers les femmes) et Baromètre santé 2005 (enquête EVS – Événements de vie et santé), confirmant en cela les conclusions d’études réalisées dans d’autres pays. Le présent ouvrage fait le point sur les facteurs de risques, puis l’impact psychique et physique, et propose enfin des pistes d’action en matière de prévention et d’éducation pour la santé.

Les minorités sexuelles face au risque suicidaire. Acquis des sciences sociales et perspectives / François Beck, Jean-Marie Firdion, Stéphane Legleye, Marie-Ange Schiltz. Saint-Denis : Inpes, 2010, 112 p. (Coll. Dossiers Santé en action).
http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1291.pdf

 

Des connaissances…

vers la pratique …

Les recherches sur les discriminations s’intéressent depuis une dizaine d’années au lien entre suicide et orientation sexuelle. En effet le risque suicidaire apparaît plus élevé parmi les personnes homosexuelles et bisexuelles. Si les raisons du suicide peuvent être liées à bien d’autres causes, le harcèlement et la discrimination auxquels ces personnes sont plus spécifiquement confrontées peut venir renforcer ou prendre le pas sur ces autres causes.

Les premiers résultats disponibles en France sur cette question établissent, comme l’ont établi antérieurement les recherches conduites dans d’autres pays, un fort lien entre l’appartenance à la population gaie, lesbienne et transgenre et les tentatives de suicide ; ceci pour les hommes comme pour les femmes.

Parmi les jeunes de ?5 à ?8 ans, au moins deux adolescents par classe d’une trentaine

d’élèves déclarent une attirance pour les personnes du même sexe. « Or notre société ne considère pas de la même façon l’hétérosexualité exclusive et les autres orientations et pratiques sexuelles ».

Pour susciter des échanges et des questionnements sur les orientations sexuelles (dont l’homosexualité et la bisexualité) et les discriminations associées (dont l’homophobie), un outil de lutte contre l’homophobie et de prévention du suicide chez les jeunes homosexuels « Jeune et homo sous le regard des autres » a été créé par l’Inpes. Il s’adresse aux professionnels de la prévention, de l’éducation et de l’animation socioculturelle (centres de loisirs, centres de vacances) ou toute autre personne souhaitant conduire une action de prévention de l’homophobie en direction d’adolescents et de jeunes adultes (de 11 à 18 ans). Une utilisation comme base de discussion entre parents, animateurs et/ou enseignants peut également être envisagée.

Cet outil se compose de :

  • cinq courts métrages (1) primés dans le cadre d’un concours national de scénarios ouvert aux filles et garçons de 16 à 30 ans sur le thème de la prise de conscience de son homo- / bisexualité dans une société où persistent des discriminations
  • un livret d’accompagnement (2)

Les facteurs de risque de comportement suicidaire identifiés au sein de la population homo-/bisexuelle comprennent :

  • Les phénomènes d’exclusion, de mépris et de stigmatisation pouvant engendrer perte d’estime de soi, perte de confiance dans l’avenir et les autres.
  • La non-conformité de genre pouvant conduire à une grande détresse :
    • Les garçons sont enjoints à affirmer leur masculinité dès l’adolescence et sont confrontés à une homophobie avérée
    • Les études et statistiques spécifiques manquent en revanche concernant les filles. La construction de leur rôle social, plus tardive mais plus durable aussi, se fait largement autour de la maternité, dans le contexte familial d’une relation de couple monogame. « C’est donc peut-être à l’âge de la constitution d’une famille (lorsqu’il s’agit de devenir épouse et mère), mais aussi plus tard (alors que ce « manquement » perdure) que la femme célibataire, sans enfant et donc éloignée des stéréotypes de genre, risque le plus d’être confrontée au sentiment de mal-être. »

Le coût psychique et physique est souvent élevé, même à long terme, qu’il s’inscrive dans une stratégie d’outrance ou de dissimulation de sa non-conformité aux stéréotypes de genre pour éviter ou résister à une discrimination possible. S’y ajoutent :

  • un faible soutien familial pouvant aller jusqu’aux mauvais traitements dans l’enfance
  • une faible intervention des adultes par crainte d’être victimes à leur tour du stigmate
  • la précocité des préjudices touchant tout jeune soupçonné d’appartenir à une minorité sexuelle
Les pistes d’action stratégiques recommandées résultent de l’examen des conclusions des études, des expériences et des dispositifs existant à l’étranger et en France. Les stratégies de prévention doivent en particulier s’attacher aux facteurs liés au contexte social et familial, de première importance dans le cas du comportement suicidaire des jeunes.
  • une meilleure connaissance des actions et ressources existantes de prévention de l’homophobie et du risque suicidaire par la réalisation d’états des lieux régionaux
  • des référentiels en matière de formations, d’outils pédagogiques, de protocoles d’évaluation, de conseils méthodologiques à l’intention des acteurs locaux
  • une sensibilisation des professionnels des champs éducatif, sanitaire, social, judiciaire et pénitentiaire aux questions de discriminations
  • une plus grande compréhension des phénomènes par la conduite des recherches qui intègrent plus nettement ces thématiques en amont de la mise en place des enquêtes

Il vise à « favoriser le respect de la diversité sexuelle et prévenir les attitudes, paroles et comportements discriminatoires (homophobes) et leurs conséquences chez les jeunes de 11 à 18 ans.

Afin de ne pas faire porter la seule responsabilité de ces représentations, attitudes et comportements aux jeunes, les acteurs initiant une action de prévention doivent porter attention aux conditions qui favorisent :

  • le respect de la diversité sexuelle : cette diversité est-elle représentée, évoquée, acceptée au quotidien dans les milieux qui accueillent les jeunes ?
  • Le refus du harcèlement et de toute autre forme de violence homophobe de la part des professionnels au contact de ces jeunes : les propos homophobes sont-ils relevés et discutés ailleurs et à d’autres moments qu’à celui de l’action de lutte contre l’homophobie et au même titre que tous les autres actes de violence ou de discrimination ?

Animer des séances de prévention requiert quelques préalables de la part de l’animateur :

  • interroger ses propres représentations sur la sexualité, la question du genre, de l’homosexualité et de l’homophobie afin de pouvoir assurer un cadre d’apprentissage le moins discriminatoire possible et éviter les généralisations ; la position d’autorité de l’adulte donne un poids particulier à ses gestes, ses paroles, ses silences
  • disposer d’une aisance, hors même de l’action, pour questionner les auteurs d’attitudes ou paroles blessantes liées à l’homophobie sur le sens et les origines de leurs actes
  • acquérir une compréhension de la sexualité humaine, ses processus de construction, ses codes sociaux
  • être capable de discuter de sexualité de façon positive, en gardant de la distance par rapport à sa propre expérience, sans porter de jugement, d’accompagner la réflexion d’un groupe en lui apportant les informations précises dont il peut avoir besoin
  • savoir repérer les diverses croyances et valeurs des jeunes ou des groupes et savoir animer leurs débats, gérer les conflits qui peuvent en émerger
  • comprendre l’évolution historique des questions qui entourent l’orientation et l’identité sexuelles, en avoir une connaissance actualisée sur les plans juridique, sociologique, culturel,…
  • disposer de stratégies pédagogiques qui aident les jeunes à aborder efficacement des questions délicates et controversées, ou dans le cas contraire, pouvoir recourir à des professionnels compétents
  • avoir le discernement et les compétences nécessaires pour amener les jeunes à évaluer les influences que les médias peuvent avoir sur la santé sexuelle

Les interventions auprès des jeunes doivent prendre en considération :

  • Les questions propres à la période adolescente, au cours de laquelle l’identité et l’orientation sexuelles s’élaborent ou se développent, rendant les jeunes plus vulnérables aux préjudices causés par une attitude hostile ; grandir dans une culture pas ou peu bienveillante vis-à-vis des minorités sexuelles ou des personnes ne se conformant pas aux stéréotypes de genre, est une source d’anxiété et de stress pouvant avoir des conséquences graves en termes de comportements suicidaires
  • Les éléments identifiés comme renforçant ou, au contraire, diminuant les comportements suicidaires :

Facteurs de risque

Facteurs de protection

  • un manque de soutien de la part de la famille, attachée à des principes culturels, religieux…, manquant de connaissances sur ce sujet
  • une difficulté à chercher et à trouver de l’aide auprès des amis, du fait d’une singularité perçue comme honteuse
  • des comportements éloignés des stéréotypes de genre
  • la période de dévoilement (surtout s’il est précoce et involontaire) de l’identité ou de l’orientation sexuelles, période de forte vulnérabilité si des rejets se manifestent de la part des proches
  • une entrée dans la sexualité souvent plus brutale et s’accompagnant de prises de risques émotionnelles, ce qui a des répercussions sur le bien-être
  • le soutien de la famille
  • le soutien des pairs et des adultes vus comme des modèles positifs
  • un univers scolaire et de loisirs sécurisant pour le jeune
  • l’acceptation de soi qui regroupe l’estime de soi, l’acceptation et l’affirmation de son identité sexuelle

> Un exemple de déroulement d’une animation : le court métrage « en colo » (durée : 7’43’’)

L’histoire : « Lors d’une séance du jeu "Action ou vérité ?", deux jeunes garçons, Mathieu et Maxime, ont pour défi de s’embrasser. Le baiser va provoquer chez eux un certain émoi. À partir de ce moment, les ados, témoins de cette scène, (notamment Antoine) font des allusions plus ou moins directes à l’éventuelle homosexualité de Maxime. Une révélation surprenante – l’homosexualité du moniteur - va alors déstabiliser le groupe, mais surtout le faire réfléchir. »

Les objectifs spécifiques de l’animation : permettre aux jeunes de s’exprimer, de s’écouter, d’échanger sur

  • la prise de conscience de son homosexualité et son acceptation (ou non)
  • les relations avec les amis : dire ou non qu’on est homosexuel, tenir (ou laisser tenir) des propos homophobes pour cacher la vérité, subir la pression du groupe à dévoiler son homosexualité
  • les attitudes, comportements du groupe face à la suspicion d’homosexualité ou la révélation de l’homosexualité
  • les stéréotypes de genre

Le déroulement de la séance d’animation :

  • Après la projection demander aux jeunes de raconter l’histoire : qu’en ont-ils compris ? Qu’est-ce qui les a intéressés dans le film ?
  • Pour chaque objectif spécifique, des pistes de questionnements sont proposées, par exemple sur les stéréotypes de genre :

1/ autour du court-métrage

  • Lors de la scène du bal, quelle est la caractéristique des jeunes qui dansent en couple (hétérosexuel) ? Comment expliquez-vous cela ?
  • Comment Antoine perçoit-il la scène des baisers (celui de Bénédicte et Muriel, celui de Maxime et Mathieu) ? Pensez-vous qu’il perçoive le trouble de Mathieu ? En est-il gêné ? Pourquoi la question de l’homosexualité ne se pose-t-elle pas pour les filles ? Y a-t-il une différence entre l’amitié masculine et l’amitié féminine ? Est-ce vrai dans toutes les cultures ? Si l’histoire d’amour entre Mathieu et Maxime avait eu lieu entre Bénédicte et Muriel, qu’est-ce qui aurait pu se passer différemment ? Pourquoi ?
  • Pourquoi Mathieu et le moniteur ne sont-ils pas soupçonnés d’être homosexuels ? Pourquoi en revanche Maxime l’est-il ?
  • Comment les jeunes se représentent-ils le moniteur ? Pourquoi les jeunes sont-ils surpris par sa révélation ?
  • Le film laisse penser que si l’homosexualité ne se « voit » pas forcément, en revanche quelqu’un qui « paraît homo » l’est forcément… Au même titre que personne ne pense que le moniteur et Mathieu puissent être homosexuels, pourrait-il en être autrement pour Maxime ? Pourquoi ?
  • Pourquoi Antoine se sent-il stupide après avoir dit à l’animateur : « Maxime, c’est trop un PD ce mec. » ?

2/ pour élargir la réflexion sur les orientations sexuelles et leur discriminations

  • Comme pour la scène du slow, identifier des situations où des homosexuels ne peuvent pas faire les mêmes choses que des hétérosexuels
    Partir de la phrase de l’animateur : « Pourquoi ? Je ne corresponds pas à l’image que tu te fais des homos ? » pour déconstruire les stéréotypes homosexuel/hétérosexuel et fille/garçon.
    Dans la première scène, décrire la place des filles, la place des garçons, la place de Maxime.
  • Définir ce qu’est un stéréotype, lister les stéréotypes de rôles/genres décrits dans le film. Par exemple :
    Un garçon hétéro : ça joue à des sports collectifs, ça lance et ça relève des défis, ça boit de l’alcool, ça emballe les filles, ça fantasme sur des filles qui s’embrassent, ça peut embrasser son meilleur pote sur la bouche, ça se bagarre (se prend dans les bras ?) dans la piscine ; ça n’aime pas qu’on lui dise que les garçons lui font de l’effet (« c’est toi qui te jettes sur lui »).
    Une fille hétéro : ça parle (des garçons), ça cherche à les séduire, ça ne joue pas aux sports collectifs, c’est moins turbulent qu’un garçon (scène des cerceaux dans la piscine).
    Un garçon homo : ça reste à l’écart (et plutôt avec les filles), c’est fragile, timide, ça bande dès qu’il voit un autre garçon en maillot de bain ; ça a peur des contacts physiques avec une fille (scène du bal).
  • Listez des stéréotypes de la jeune fille homosexuelle et procédez à la même déconstruction.
    Pourquoi peut-on dire que ce ne sont que des stéréotypes ?
  • Quelles peuvent être les conséquences de ces stéréotypes (les conséquences sur un(e) homosexuel(le) mais également sur un(e) hétérosexuel(le) qui pourrait utiliser des codes – vestimentaires, culturels… attribués aux homosexuels) ?
  • Histoires alternatives :
    Quelles autres réactions le groupe aurait-il pu avoir après la découverte de l’homosexualité de Maxime ? (acceptation, soutien).
    Que se serait-il passé si le moniteur n’avait pas révélé son homosexualité aux jeunes ?
    Existe-t-il des différences entre les filles homosexuelles (lesbiennes) et les garçons homosexuels (gays) ? Que pensez-vous du coming out de certaines personnalités publiques (acteurs/actrices, hommes/femmes politiques, sportifs/sportives, etc.) ?
    Pensez-vous que l’homosexualité puisse être un frein à une carrière professionnelle ?

(1) Jeune et homo sous le regard des autres : un outil de lutte contre l’homophobie et prévention du suicide chez les jeunes homosexuels/ Bruno Housseau (Coord.), Fabienne Lemonnier (Coord.). Saint-Denis : Inpes, 2010. 5 films. http://www.inpes.sante.fr/index2.asp?page=professionnels-education/outils/jeune-et-homo/index.asp

(2) Outil d’intervention contre l’homophobie : Jeunes et homos sous le regard des autres.
Livret d’accompagnement des courts métrages de lutte contre l’homophobie
/ Bruno Housseau (Coord.), Fabienne Lemonnier (Coord.). Saint-Denis : Inpes, 2010. 58 p.
http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1275.pdf
 

IREPS (Instance régionale d'éducation et de promotion de la santé) Bretagne
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tél : 02 99 50 64 33 / courriel : contact@irepsbretagne.fr